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08.03.2008
Contrôle social et contrôle légal
Je profite d'une récente enquête sur les discriminations envers les homosexuels dans le travail pour proposer d'humbles réflexions, mais qui me sont chères et qui me semblent importantes.
On s'insurge à raison des attaques physiques contre les homosexuels mais doit-on condamner un député qui affirme que cette pratique est moralement inférieure ? Si beaucoup sont choqués est-ce que la loi doit sanctionner cette majorité d'opinion ?
La base des Lumières : la liberté d'expression
La liberté d'expression semblait être la nouvelle pierre d'édifice sur laquelle une société éclairée devait se refonder, Voltaire ne disait-il pas "je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrais pour que vous puissiez vous exprimer"; la liberté de parole devait être nécessairement absolue sinon on tombait dans le relatif : pourquoi interdire cette idée et pas telle autre ? C'est la confusion et le danger de la société actuelle où l'opinion est limitée par des lois liberticides
Contrôle social, répression judiciaire
S'exprimer librement est quelque chose de difficile, car il faut s'affranchir de ses propres préjugés, et être confronté à ceux des autres, la libre parole est nécessairement dérangante ! Attaquer la religion au XVIIIéme n'était pas bien vu de la très large majorité des habitants, et pourtant... C'est qu'il faut distinguer le contrôle social, c'est à dire ce que la majorité des gens pensent correct de faire ou non, en l'espèce de dire ou pas, et la sanction législative. Par exemple, les propos racistes ou homophobes sont mal vus aux Etats-Unis, on risque son poste dans une entreprise pour de tels propos, mais ils ne sont pas sanctionnés par la loi ! Par contre en France on est tombé dans le danger de sacraliser la pensée unique, d'infiltrer son poison dans les tables de la loi.
Par définition certains lecteurs vont être choqués, j'imagine "non mais attendez les propos racistes ou homophobes, c'est pas pareil", certes, mais où les définir ? dire que l'homosexualité n'est pas un avantage pour la société est-ce raciste ? Traitrer un harki de sous-homme ça l'est mais dire qu'il y a beaucoup de noirs en équipe de France ça ne l'est pas il me semble, surtout qu'on compte partout les couleurs à présent... La limite est floue et varie selon les valeurs subjectives et fluctuantes d'une société.
La loi, quant à elle, devrait prendre les choses "d'au dessus", avec du recul et une certaine stabilité. Mais tout ceci semble difficile dans une société de l'instantané et multiculturelle : l'affaire des caricatures de Mahomet a fait ressurgir le problème du "blasphème" doit-on sacraliser la religion musulmane qu'on ne devrait pas attaquer ? Cela choque certainement certains, alors que faire ? Avoir la logique et la modestie de comprendre que nos valeurs sont relatives et que la seule position logique est de sortir de cette subjectivité en permettant une liberté absolue d'expression, du moment qu'on attaque pas nomément quelqu'un.
18:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : liberté d'expression, homophobie, antiracisme, politiquement correct, contrôle social, liberté



Commentaires
hélas pour Voltaire et pour nous, la liberté est immolée chaque jour sur l'autel de la bien-pensance... au motif de donner plus d'égalité à certaines minorités. Plus une société est égale, et moins elle est libre... et l'on finira par tomber dans les excès absurdes où sous prétexte d'égalité, les victimes seront la majorité qui n'aura pas la chance d'appartenir à ces minorités encore plus égales car brimées par essence...
Le serpent se mord la queue. La société est contrainte de boire la ciguë.. mais contrairement à Socrate, n'en est pas consciente et se précipite à sa perte en se gavant de pain et de jeux... dont les acteurs sont ces minorités si bafouées... reproches vivants de notre coupable existence de "normaux"??
Ecrit par : Anne | 09.03.2008
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